Mardi 5 juillet 2011 2 05 /07 /Juil /2011 17:12

 

Une semaine avec vous trois, quelques jours avec eux. Un genre de fusion ingérable. Des rires à crever. Et tout ce qu'il faut de parfait. De vraiment parfait.  L'envers du décor c'était cacher ma gorge nouée. Toi qui parle d'amour, toi qui drague ce qui passe autour, toi qui me demande qui j'aime quand mes yeux brûlent encore, quitter la pièce quand ta présence est insupportable. Ne pas manger, ni dormir. Mélanger mes cheveux à ceux d'Alice, passer ma vie dans ses yeux qui m'apaisent tant. Repartir et trébucher sur les mêmes personnes. Te suivre dans Paris et regarder tes grands bras, tes yeux verts, ta prison. Se dire que si, et si, et puis attendre parce qu'on se croisera forcément. Je sais déjà ce qui arrivera dans un an. C'est toujours la même idée, faire semblant de remplacer. C'est être très fatiguée et vouloir s'en sortir.

Toujours rien à faire de la poésie. Toujours trouver ça niais, et pourtant si criant de justesse.

 

J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité

Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m’est chère ? 

J’ai tant rêvé de toi que mes bras habitués, en étreignant ton ombre, à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-être.

Et que, devant l’apparence réelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des années, je deviendrais une ombre sans doute.

Ô  balances sentimentales.

J’ai tant rêvé de toi qu’il n’est plus temps sans doute que je m’éveille. Je dors debout, le corps exposé à toutes les apparences de la vie et de l’amour et toi, la seule qui compte aujourd’hui pour moi, je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres que les premières lèvres et le premier front venus. 

J’ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme qu’il ne me reste plus peut-être, et pourtant, qu’à être fantôme parmi les fantômes et plus ombre cent fois que l’ombre qui se promène et se promènera  allègrement sur le cadran solaire de ta vie.

 Robert Desnos

Par Marge
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Samedi 21 mai 2011 6 21 /05 /Mai /2011 17:09

   Comme si j'avais lâché l'idée de lui plaire il y a des années parce que je n'espère plus. A 18 ans il m'a foutu par terre et j'ai fait semblant de me relever.  Exactement comme quelqu'un de malade qui ne fera pas d'effort pour être présentable. Etre amoureux c'est un peu ça aussi. C'est difficle d'être crédible, même plus auprès de la personne, mais surtout auprès des autres quand j'ai besoin d'en parler. Il y a un moment où être amoureux devient un état de fait, et qu'exploser en sanglots alors que la seconde avant était paisible, ne surprend plus. Elle s'en fait un monde. Elle le connait pas vraiment. Elle aime par défaut. Elle a peur de passer à autre chose. Elle sait qu'il s'en fout. Il a rien de particulier ce mec. Ils sont amis depuis trop longtemps. Allez savoir la bonne version. Peu importe la bonne version. Je crois qu'il n'y en a pas. Je crois que ca ne change rien aujourd'hui.

C'est être hyper lucide mais garder ce truc au fond de la gorge, au fond du bide sans que rien n'y fasse. Ni un autre, ni le temps, ni le lieu. S'entendre. C'est voir des mecs beaucoup mieux, plus ouverts, plus simples, plus cohérents et moins haineux, moins haineux. Alors que je déteste ça, ces mecs qui crachent sur ceux dont ils ont le plus envie. Ceux qui pensent que leurs expériences et celles du petit cercle autour suffit à parler pour une planète. Mais au final ca fait sourire, ca me rassure. J'ai pleuré devant un putain d'ordinateur quand une de ces filles l'a lâché, parce que j'y croyais un peu. Je penserais qu'il serait heureux. Je me souviens d'une conversation où il se demandait si on pouvait aimer quelqu'un avec distance, sans rien espérer. La preuve était sous sa gueule mais je crois qu'il se déteste trop. Je crois qu'il se dit qu'une fille qui l'aimerait serait aveugle et ne saurait pas qui il est en vrai. Je crois qu'il aime les filles qui le mettent plus bas que terre, qui sont froides et très intelligentes, ou très connes. Ca dépend des objectifs. Je crois qu'il espère des sentiments objectifs et justifiés. Mais j'espère surtout m'en sortir.

Par Marge
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Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 18:05

Toujours ce problème de France. Toujours ne pas aimer être en France. Toujours être privilégiée d'être née en France... c'est pas les droits et le bordel le problème, c'est plutôt l'extrême lassitude du paysage, l'extrême lassitude d'une langue qui fatigue. L'effort de se faire comprendre fait davantage monter la tension, et ennivre. Et si c'est pas les Etats-Unis, y a toujours le mur. 

Tant que j'ai en tête le plus beau sourire du monde, tout ira bien. Y a des regards qui aveuglent de pertinence, et je crois que tu étais pil dedans. L'improbable ennivre aussi, d'autant plus quand je n'arrive pas à prononcer ton prénom. Toujours le bazar autour, l'inconscience sous mon toît, la maladie et l'indifférence pas loin, mais j'ai ton sourire devant la gueule et c'est à peu près tout ce qui compte le 5 janvier 2011.


Par Marge
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Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 22:36

 Quand celui qui passe m'indiffère

Par Marge
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Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /Août /2010 17:29

T'as plus qu'à tout payer pour les autres. T'as qu'à trouver ce que tu vas faire de ta vie en une semaine parce que t'as plus le temps. T'as qu'à imaginer avec toutes les barrières, ton père et ta mère derrière. Ceux qui t'aiment tu sais, ceux qui te font tomber sans cesse. Ceux qui t'empechent de construire autre chose qu'un voyage qui déboule a chaque fois comme de l'oxygène, comme hyperventilée puis asphyxiée à la seconde où tu poses ton pied dans cette ville. T'as plus qu'à gagner de la thune à sa place quand les autres croient que t'es à l'aise. A l'aise pour oublier. Pas les mêmes vitesses. Je courrai très vite, j'étais lancé y a quelques années, j'allais plus vite que les autres. J'aurais pu tous vous défoncer si ma mère l'avait pas fait avant vous.

Et alors ? On croirait retourner en adolescence, à dire les choses si crument peut-être. Mais à qui je vais dire normalement sans plomber l'ambiance que c'est l'horreur. Que la grosse baraque là, c'est une vaste blague. Que je ne peux pas rester un jour toute seule sans la montée d'angoisse qui t'empeche ne serait ce que de décrocher le téléphone à ta meilleure pote. La meilleure pote qui porte toute ma vie. Cette putain de fille qui est la seule à savoir la vérité sur tout, celle que personne ne soupçonne et qui me hante. Il y a ceux qui croient, et elle, et moi. Et parler de soi, et prendre du recul, se dire que tout le monde a ses emmerdes, se dire qu'on est bien dans ce pays, et puis le quotidien vous écrase chaque matin et relativiser n'a plus beaucoup de sens. Tout à l'heure j'ai cru que mettre la musique fort et encore changer les meubles de place changerait le bordel. Comparable a cette jouissance éphémère d'un achat là, le truc qui fait bander les sociologues. Allez

Par Marge
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